La musique religieuse

Au XVIe siècle, Flamands et Italiens prennent la tête du mouvement musical, et c’est à Palestrina que revient la gloire d’avoir porté la musique polyphonique à son plus haut degré de perfection.

Ecole italienne

GIOVANNI PIERLUIGI DA PALESTRINA, né à Palestrina en 1526, mourut à Rome en 1594. Il consacre toute sa vie à la musique liturgique. D’abord organiste et maître de chapelle de l’église de sa ville natale, on le trouve successivement maître de chant des enfants de chœur de la chapelle Julia à Saint- pierre de Rome, chanteur à la Chapelle Sixtine maître de chapelle à Sainte-Marie-Majeure, puis à Saint-Pierre de Rome. La musique religieuse, menacée par le concile de Trente à cause de sa complexité et de certaines tendances profanes, retrouve grâce à lui et à quelques-uns de ses contemporains, sa simplicité et sa sérénité primitives. Son œuvre, destinée surtout à l’église, comprend quatre-vingt-treize messes, cent soixante-dix-neuf motets et deux livres de Lamentations. Le grand mérite de Palestrina, c’est d’avoir atteint l’idéal des polyphonistes qui l’ont précédé, unissant à l’élégance et à la pureté mélodiques, toute la science contrapuntique des maîtres franco-flamands. Un sens moderne de l’harmonie intervient dans ses compositions, et sa musique chorale sans accompagnement (a cappella) symbolise toute son époque.

École espagnole

Les règnes de Charles Quint et de Philippe II correspondent en Espagne à une période d’épanouissement musical, tant dans le domaine profane (chanson polyphonique) que dans la musique vocale religieuse avec VICTORIA (1535- 1608 environ) en particulier, et la musique pour orgue brillamment illustrée par ANTONIO DE CABEZON (1500-1566), entre autres.

École franco-flamande

A la brillante école néerlandaise appartient ROLAND DE LASSUS, né à Mons, dans le Hainaut vers 1520, mort a Munich en 1594. A l’inverse de Palestrina, dont toute la vie s’écoule dans son pays natal, il ne cesse de voyager en Italie, en France, en Angleterre. en Allemagne, assimilant facilement tous les styles. En 1560. le duc de Bavière lui confie la direction de sa chapelle, place qu’il garde jusqu’à sa mort. L’aisance de son écriture, la diversité et la puissance de sa production, son extraordinaire fécondité (il compose deux mille œuvres, dont une cinquantaine de messes, sept cents motets ou répons, de nombreuses chansons), et son inépuisable imagination font de Roland de Lassus le musicien le plus original de son époque.

Musique protestante

En Allemagne, au XVIe siècle, l’art musical marque un certain retard sur celui des pays voisins. Mais la Réforme lui donne un élan nouveau. LUTHER ( 1483-1546), admirateur passionné de la musique sous toutes ses formes et compositeur de chants religieux, introduit dans l’Eglise réformée dont il est le promoteur, les cantiques à une ou plusieurs voix, en langue vulgaire, chantés par l’assemblée des fidèles. Sous le nom de Chorals, ces cantiques deviennent le centre de la liturgie protestante, et leur influence sur le développement de la musique allemande se fait sentir durant de longues années, si l’on constate la place essentielle qu’ils occupent dans l’œuvre de J.-S. Bach. En France, CALVIN adopte sensiblement les mêmes usages, essayant d’arranger des Psaumes avec la collaboration poétique de Clément Marot. Quelques musiciens calvinistes (GOUDIMEL, CLAUDE LE JEUNE) en écrivent une harmonisation assez austère, qui ne manque pas de grandeur. Toutefois, l’esprit français, épris de liberté dans l’expression de sa pensée artistique, n’accepte pas, dans son ensemble, ces tendances nouvelles trop rigides qui s’adaptent mieux au caractère germanique.

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